Dans la Lumière de la Vérité

Message du Graal de Abdrushin


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30. L’être humain et sa libre volonté

Afin de pouvoir donner, à ce sujet, une image complète, il faut parler de bien des choses qui n’ont pas de rapport direct avec lui, mais qui font plus ou moins valoir leur influence sur le sujet principal.

La libre volonté! C’est une chose devant laquelle même les êtres humains les plus importants demeurent songeurs, parce que, selon les lois de la justice, pour qu’il y ait une responsabilité, il doit absolument exister une libre possibilité de décision.

Où que l’on se tourne, on entend de tous côtés cette question: comment peut-on parler d’une libre volonté pour l’être humain, si, en réalité, il y a providence, guidance, prédestinations, influences astrales et karma? L’être humain se trouve maintenant bousculé, raboté, modelé, qu’il le veuille ou non.

Avec zèle se précipitent de sérieux chercheurs sur tout ce qui parle de libre volonté, avec l’idée tout à fait juste qu’une explication précise à ce sujet est indispensable. Aussi longtemps qu’elle fera défaut, l’être humain ne pourra pas non plus s’adapter correctement pour se maintenir à la place qui lui revient réellement dans la grande Création. Tant qu’il n’aura pas la vraie conception de la Création, il devra y demeurer en étranger, il y vagabondera, il se fera bousculer, raboter et modeler, parce que la conscience du but lui manque. Ainsi l’un découlant de l’autre, et par application d’une logique naturelle, l’être humain est finalement devenu ce qu’il est aujourd’hui, mais ce qu’il ne devrait pas être.

Sa grande lacune est qu’il ne sait pas où, véritablement, sa libre volonté repose, ni comment elle fonctionne. Cette circonstance montre aussi qu’il a complètement perdu le chemin de sa libre volonté et qu’il ne sait plus le retrouver.

L’entrée du sentier de la connaissance n’est plus reconnaissable du fait de l’amoncellement de sable mouvant. Les traces sont effacées par le vent. Irrésolu, l’être humain court en rond et s’épuise jusqu’à ce qu’un vent frais dégage enfin, de nouveau, le chemin. Il est naturel et même évident que tout ce sable volant, emporté en un furieux tourbillon, soit balayé pêle-mêle et puisse encore, en retombant, embrouiller la vue de ceux qui, affamés, cherchent plus loin l’entrée du sentier. C’est pour cette raison que chacun doit user de la plus grande prudence, afin de maintenir son regard libre, jusqu’à ce que le dernier grain de ce sable volant se soit envolé. Sinon, il peut arriver qu’il voit bien le chemin devant lui, mais que, légèrement troublé, il fasse un pas de côté, trébuche et chute, pour finir quand même par être englouti, quoique le sentier soit déjà devant lui.

L’incompréhension que les êtres humains apportent toujours obstinément à l’égard de l’existence d’une libre volonté a pris racine principalement dans l’inintelligence de ce qu’est véritablement la libre volonté.

L’explication réside, certes, déjà, dans la désignation elle-même; ici comme partout, on ne voit pas la vraie simplicité parce qu’elle est trop simple; on cherche ailleurs et de ce fait, on ne parvient pas à se représenter ce qu’est véritablement la libre volonté.

Par le mot volonté, la plupart des hommes se représentent aujourd’hui cette conception erronée du cerveau terrestre par laquelle, l’intellect lié à l’espace et au temps, indique, et impose une direction déterminée à la pensée et au sentiment.

Ceci n’est pourtant pas la libre volonté, mais la volonté ligotée par l’intellect terrestre.

Cette confusion entretenue par beaucoup d’êtres humains est une grande erreur. Elle construit le mur qui rend impossible la reconnaissance et la compréhension. Alors, l’être humain s’étonne parce qu’il trouve des lacunes, parce qu’il se heurte à des contradictions lui étant impossibles de faire pénétrer la logique.

La libre volonté, qui, à elle seule, agit de façon si décisive dans la vie véritable qu’elle s’étend loin dans le monde de l’au-delà et imprime son sceau à l’âme qu’elle est capable de former, est d’un tout autre genre. Beaucoup trop grande pour être terrestre. Par conséquent, elle n’a aucun rapport avec le corps terrestre de matière dense, donc, non plus avec le cerveau. Elle repose exclusivement dans l’esprit lui-même, dans l’âme de l’homme.

Si l’être humain ne concédait pas, toujours à nouveau, à l’intellect la souveraineté illimitée, alors la libre volonté de son «je» spirituel véritable, qui a la vue plus étendue, pourrait prescrire la direction au cerveau de l’intellect, à partir de la fine intuition. C’est pourquoi la volonté assujettie, qui est absolument indispensable à l’exécution de tous les objectifs terrestres liés à l’espace et au temps, devrait très souvent emprunter un autre chemin que celui qu’elle prend aujourd’hui. Que de ce fait le destin prenne alors une autre direction est facilement explicable, parce que, du fait de chemins différents empruntés, le karma noue d’autres fils et apporte aussi une autre fonction de réciprocité.

Cette explication ne peut évidemment pas encore apporter une juste compréhension pour la libre volonté. Une image complète doit-elle en être dessinée; alors, l’on doit savoir comment s’est déjà activée la libre volonté et aussi de quelle manière s’est produit l’enchevêtrement souvent si complexe d’un karma déjà existant, lequel est capable de masquer à tel point la libre volonté dans ses répercussions que son existence ne puisse guère ou ne plus du tout être reconnue.

Une telle explication ne peut, cependant, être donnée que si l’on remonte d’abord l’évolution entière de l’être humain spirituel à partir de l’instant où le grain de semence d’esprit de l’être humain s’enfonce pour la première fois dans l’enveloppe de matière fine, à l’extrême frontière de la matière.

Alors, nous voyons que l’être humain n’est absolument pas ce qu’il s’imagine être. Il n’a, au grand jamais, le droit absolu à la félicité et à la poursuite de la vie personnelle éternelle dans sa poche.*(Voir l'Exposé 20, Le Jugement Dernier) L’expression: «Nous sommes tous des enfants de Dieu.» est dans le sens conçu ou pensé par les êtres humains, fausse. Chaque être humain n’est pas un enfant de Dieu, mais il l’est seulement lorsqu’il s’est développé dans ce but.

L’être humain est, en tant que germe d’esprit, plongé dans la Création. Ce germe porte tout en lui pour pouvoir se développer et devenir un enfant personnellement conscient de Dieu, mais cela suppose préalablement qu’il ouvre et soigne les facultés correspondantes au lieu de les laisser s’étioler.

Grand et puissant est le processus, et pourtant, entièrement naturel à chaque degré de l’événement. Rien n’échappe au cours logique de l’évolution; car la logique existe en toute Activité divine, puisque celle-ci est parfaite et que tout ce qui est parfait ne peut pas se passer de logique. Chacun de ces germes d’esprit porte en lui des facultés identiques, puisque, en effet, ils proviennent du même Esprit, et que chacune de ces facultés particulières recèle une promesse dont l’accomplissement s’effectue absolument, aussitôt que la faculté est portée au développement. Mais seulement ainsi! Telle est la perspective de chaque germe lors des semailles. Et pourtant..!

Un semeur est parti pour semer: là, où le Divin, l’Éternel, au-dessus de la Création, plane, et où la matière la plus fine de la Création touche à l’essentialité, se trouve la surface d’ensemencement des germes d’esprits humains. De petites étincelles sortent de l’essentialité, au-dessus de la frontière, et s’enfoncent dans le terrain vierge de la partie de matière fine de la Création, telles les décharges électriques lors d’un orage. C’est comme si la main créatrice du Saint-Esprit semait des graines dans la matière.

Tandis que la semence se développe et mûrit lentement en vue de la moisson, beaucoup de grains se perdent. Ils ne lèvent pas, cela veut dire qu’ils n’ont pas développé leurs facultés plus élevées, mais qu’ils se sont corrompus ou desséchés et doivent ainsi se perdre dans la matière. Mais ceux qui ont levé et se dressent au-dessus de la surface seront rigoureusement triés lors de la moisson et les épis vides seront séparés des épis pleins. Après la moisson, la balle sera encore une fois soigneusement séparée du blé.

Telle est en gros l’image du processus du devenir. Mais pour y reconnaître maintenant la libre volonté, nous devons suivre, plus en détail, le véritable processus du devenir de l’être humain:

Dominant tout, éclatant de Pureté, il y a l’Éternel, le Divin, le Point de départ de tout, le Commencement et la Fin entouré de l’essentialité lumineuse.

Lorsque, maintenant, des étincelles issues de l’essentialité jaillissent dans le sol du prolongement de matière fine de la création matérielle, alors se place aussitôt autour de ces étincelles une enveloppe gazeuse de même substance que celle de cette région la plus délicate de la matière. C’est ainsi que le germe d’esprit de l’être humain est entré dans la création, laquelle comme toute matière, est soumise à la transformation et à la décomposition. Il est encore libre de tout karma et attend les choses qui doivent venir.

Or, les vibrations des intenses expériences vécues qui se déroulent de façon ininterrompue au sein de la création dans le processus du devenir et de la désagrégation atteignent les ultimes extrémités de ces prolongements.

Même si ce ne sont que les plus délicates manifestations qui comme un souffle parcourent cette matière fine gazeuse, elles suffisent, cependant, à éveiller le vouloir sensible dans le germe d’esprit et à le rendre attentif. Devenu gourmand, il désire goûter à telles ou telles vibrations, les suivre, ou pour s’exprimer autrement, se laisser entraîner ce qui revient au même qu’à se faire attirer. Là réside la première décision du germe d’esprit, diversement doué, qui maintenant, selon son choix, se trouve attiré ici ou là. Ainsi se tissent déjà les premiers fils les plus délicats pour le tissu qui deviendra plus tard le tapis de sa vie.

Maintenant, le germe d’esprit, se développant rapidement, peut, cependant, mettre à profit chaque instant pour s’abandonner aux vibrations de genre différent qui croisent constamment et diversement son chemin. Dès que cette intention s’éveille en lui, c’est-à-dire dès qu’il le désire, ce germe d’esprit modifie sa direction afin de s’abandonner à des vibrations d’un genre nouveau qu’il a choisies; en d’autres termes, il se laisse attirer par elles.

Il peut modifier la direction par son désir, comme à l’aide d’un gouvernail dans les courants, dès que l’un d’entre eux ne lui convient plus. Ainsi, il peut goûter ça et là.

Par cette dégustation, il mûrit de plus en plus et acquiert lentement la capacité de discerner. Finalement, il acquiert la faculté de juger jusqu’à ce que, devenant toujours plus conscient et plus sûr de lui, il suive une direction plus déterminée. Le choix des vibrations qu’il est disposé à suivre ne demeure pas sans exercer une influence plus profonde sur lui-même. Ce n’est qu’une suite tout à fait logique et naturelle que ces vibrations, dans lesquelles nage, pour ainsi dire, le germe d’esprit par suite de sa libre volonté, influent sur lui selon leur nature et conformément à la Loi de l’effet de réciprocité.

Mais le germe d’esprit ne renferme en lui-même que des facultés nobles et pures. C’est le talent avec lequel il doit prospérer dans la Création. S’abandonne-t-il à de nobles vibrations, alors celles-ci, dans la fonction de réciprocité, réveilleront les facultés qui reposent en lui, les secoueront, les fortifieront et les cultiveront, de telle sorte qu’avec le temps, elles portent des fruits en abondance et répandent une grande bénédiction dans la Création. Un être humain spirituel qui se développe de cette manière deviendra ainsi un bon maître de maison.

Mais se décide-t-il, de façon prédominante, pour des vibrations sans noblesse, alors celles-ci peuvent, avec le temps, l’influencer si fortement que leur genre impur lui demeure accroché et qu’elles enveloppent les facultés pures et personnelles du germe d’esprit, les envahissent et ne les laissent pas parvenir au véritable éveil et à l’épanouissement. Celles-ci doivent être finalement considérées comme directement «enterrées»; c’est ainsi que l’être humain concerné devient un mauvais gérant du talent qui lui avait été confié.

Un germe d’esprit ne peut donc pas de lui-même être impur, puisqu’il vient du pur et ne porte que de la pureté en lui. Mais il peut, après son enfoncement dans la matière, souiller son enveloppe matérielle, elle aussi, en «goûtant» des vibrations impures selon son propre vouloir, donc par des tentations. De cette manière, il peut, si l’emprise de ces vibrations impures étouffe en lui les facultés nobles, faire sienne cette impureté, qui adhère à l’enveloppe externe de son âme, de sorte qu’il acquiert de mauvais penchants au lieu des facultés innées, héritées de l’esprit. L’âme n’est que l’enveloppe de la matière la plus fine et gazeuse de l’esprit et n’existe que dans la création matérielle. Après un éventuel retour dans la région supérieure du pur spirituel-essentiel, l’âme est dépouillée et il n’existe plus que l’esprit, lequel autrement, ne pourrait pas passer la frontière de la création matérielle pour entrer dans le spirituel. Sa rentrée, son retour se passe en effet sous une forme vivante et consciente, tandis que l’étincelle du départ ne l’était pas encore.

Toute faute et tout karma ne sont possibles que dans la matière. Ils n’existent qu’à l’intérieur des plans matériels de la Création, mais pas au-delà. Ils ne peuvent pas non plus se transmettre à l’esprit, mais seulement lui adhérer. C’est pourquoi une purification de toute faute est possible.

Cette connaissance ne bouleverse rien, mais elle confirme tout ce que les religions et les églises enseignent symboliquement. Avant tout, nous y reconnaissons de plus en plus la grande Vérité que le Christ apporta à l’humanité.

Il est aussi compréhensible qu’un germe d’esprit qui s’alourdit d’impuretés dans la matière ne puisse regagner le spirituel avec ce fardeau. Il doit, au contraire, demeurer dans la matière jusqu’à ce qu’il ait pu se débarrasser de ce fardeau et s’en soit affranchi. En cela, il doit toujours naturellement demeurer dans la région où le contraint le poids qui l’alourdit et qui dépend de la plus ou moins grande impureté. S’il n’arrive pas à s’affranchir et à rejeter ce fardeau avant le jour du Jugement, alors il ne pourra pas s’élancer vers le haut malgré la pureté toujours intacte du germe d’esprit qui sous l’emprise de l’impureté n’a pu déployer ses véritables facultés. L’impureté le retient par sa pesanteur et l’entraîne avec lui dans la décomposition de toute matière.*(Voir l'Exposé 20, Le Jugement Dernier)

Plus le germe d’esprit devient conscient au cours de son évolution, plus son enveloppe extérieure adopte la forme de son genre intérieur. Soit aspirant vers le noble, soit vers le vil, donc belle ou laide.

Chaque changement de direction qu’il effectue forme un nœud dans les fils qu’il traîne derrière lui; en raison des nombreux errements, au cours des nombreuses allées et venues, il se forme des mailles nombreuses comme dans un filet dans lequel il s’empêtre; dès lors, il sombre, parce que le filet le retient, à moins qu’il ne s’en arrache de force. Les vibrations auxquelles il s’adonna en goûtant ou en jouissant au cours de ses voyages demeurent reliées à lui et traînent derrière lui comme des fils; mais elles lui renvoient continuellement, de ce fait, leurs genres de vibrations. Maintient-il alors une même direction pendant longtemps, les fils les plus éloignés comme les plus récents agissent avec une vigueur non diminuée. Modifie-t-il, cependant, son parcours; alors, les vibrations les plus éloignées deviennent, en raison des croisements, de plus en plus faibles en influence, elles doivent traverser les nœuds qui les retiennent, parce que le nœud fournit une liaison et une fusion avec la nouvelle direction d’un autre genre. La nouvelle direction, faisant alors suite, étant d’un genre différent de celle ayant existé jusqu’ici, est un décomposant et un dissolvant continuel du genre précédent, à moins qu’elle n’appartienne à une espèce semblable à la première. Et ainsi de suite. Les fils deviennent avec la croissance du germe d’esprit plus épais et plus vigoureux, forment le karma dont l’effet ultérieur peut, en définitive, gagner tellement en puissance qu’il adjoint à l’esprit tel ou tel «penchant», qui finalement, est capable d’altérer ses libres décisions et donne à celui-ci une direction déjà imaginable à l’avance. C’est ainsi que la libre volonté est alors assombrie et qu’elle ne peut plus s’activer comme telle.

Donc, dès le Commencement la libre volonté existe; ce n’est que plus tard que mainte libre volonté s’est chargée de telle sorte qu’elle est fortement influencée de la manière déjà mentionnée et ne peut donc plus être une volonté libre.

Le germe de l’esprit qui dès lors, se développe ainsi de plus en plus, doit s’approcher toujours plus de la Terre parce que c’est d’elle que les vibrations émanent le plus fortement et parce qu’en se dirigeant de plus en plus consciemment, il les suit ou, mieux dit, il se laisse attirer par elles, afin de pouvoir savourer toujours plus fortement les genres choisis en fonction de son inclination. De butineur, il veut devenir un réel goûteur puis un mangeur.

Si les vibrations émanant de la Terre sont si fortes, c’est parce qu’intervient ici en plus quelque chose de nouveau, extrêmement renforçant: la force sexuelle du corps de matière dense lourde. Voir*(l'Exposé 62, La force sexuelle dans sa signification pour l’ascension spirituelle)

Cette force sexuelle a la tâche et la capacité d’embraser tout le ressenti spirituel. C’est par elle seule que l’esprit reçoit la juste liaison avec la création matérielle et c’est alors seulement qu’il peut y être actif avec sa pleine force. Alors, il possède tout ce qui lui est indispensable pour s’imposer avec sa pleine valeur dans la matière, pour s’y tenir solidement campé à tous points de vue, pour agir en transpénétrant et en contraignant tout, pour être armé contre tout et avoir une protection contre tout.

D’énormes ondes de force émanent de l’expérience vécue qui a lieu par les êtres humains sur la Terre. Elles ne vont, en effet, pas plus loin que la création matérielle, mais elles vibrent en celle-ci jusque dans ses prolongements les plus délicats.

Un être humain sur Terre qui serait spirituellement haut et noble et qui, par conséquent, viendrait vers les autres humains avec un grand amour spirituel, leur demeurerait étranger; il ne pourrait les approcher intérieurement si la force sexuelle était exclue. Il lui manquerait, de ce fait, un pont pour la compréhension et le ressentiment intuitif et par conséquent, il y aurait un gouffre entre eux.

À l’instant, toutefois, où cet amour spirituel établit une liaison pure avec la force sexuelle et en est embrasé, son irradiation dans la matière reçoit une tout autre vie. Il devient terrestrement plus réel et peut de ce fait, agir pleinement et de façon compréhensible sur les êtres humains de la Terre et sur la matière entière. Alors seulement, il est accueilli et ressenti par ceux-ci et il peut porter la bénédiction que l’esprit de l’être humain doit apporter dans la Création.

Il réside quelque chose de puissant dans la liaison. C’est qu’elle est le but véritable, ou tout au moins le but principal de cette énigmatique et incommensurable impulsion naturelle, qui permet au spirituel de se déployer dans la matière en une totale force d’action! Sans elle, l’esprit demeurerait trop étranger à la matière pour pouvoir s’y répercuter correctement. Le but de la procréation ne vient qu’en deuxième lieu. La chose principale c’est l’élan qui résulte de cette liaison dans l’être humain. Avec cela, l’esprit humain reçoit sa pleine force, sa chaleur et sa vivacité; avec ce processus, il est pour ainsi dire, achevé. C’est aussi pourquoi, seulement à ce moment-là, se met en place sa pleine responsabilité!

La sage Justice de Dieu donne à l’être humain, à cet important tournant, mais aussi de façon simultanée, non seulement la possibilité, mais encore l’impulsion naturelle pour se débarrasser facilement de tout le karma avec lequel il avait chargé sa libre volonté jusqu’à présent. De ce fait, l’être humain peut, de nouveau, rendre parfaitement libre sa volonté; il deviendra alors, en se dressant dans la Création en pleine conscience de sa force, un enfant de Dieu. Il agira dans son sens et s’élèvera dans des intuitions pures et sublimes vers les hauteurs où il sera attiré plus tard, aussitôt qu’il aura déposé son corps de matière dense.

Si l’être humain ne le fait pas, alors c’est de sa faute; car avec l’entrée de la force sexuelle s’anime en lui, en premier lieu, une puissante force motrice vers le haut, vers l’idéal, le beau et le pur. Chez la jeunesse non corrompue des deux sexes, cela sera toujours distinctement observable. De là vient l’enthousiasme des années de jeunesse, hélas, souvent raillée par les adultes et qui ne sont pas à confondre avec les années d’enfance. C’est pourquoi il se produit au cours de ces années, des intuitions, facilement nostalgiques et pénétrées de sérieux. Les heures au cours desquelles il semble qu’un jeune homme ou une jeune fille ait à supporter la douleur du monde entier et où des pressentiments du profond sérieux de l’existence s’approchent d’eux ne sont pas dépourvues de fondement. De même, l’amertume de ne pas être compris qui survient si fréquemment, porte en réalité, beaucoup de vrai en-soi. C’est la reconnaissance momentanée de la fausse conception du monde environnant qui ne veut ni ne peut comprendre l’élan sacré pour un pur envol vers les hauteurs. Ce monde environnant n’est satisfait que lorsque cette intuition si pressante de l’âme en train de mûrir est ravalée au niveau de la réalité plus «prosaïque», plus concrète, qui lui est plus accessible, une réalité que, dans sa mentalité intellectuelle unilatérale, il estime mieux adaptée à l’humanité et qu’il considère comme étant seule normale.

Pourtant il y a d’innombrables matérialistes sclérosés qui au cours de la même période de leur existence ont ressenti de la même façon comme un sérieux avertissement, et qui même, de temps à autre, parlent volontiers de l’âge d’or de leurs premières amours avec une légère pointe d’une certaine sensibilité, voire même avec une mélancolie qui, inconsciemment, exprime quelque douleur d’une perte qu’il n’est pas possible de mieux définir. Et ils ont, ici, tous raison! Le plus précieux leur a été enlevé, ou bien ils l’ont, étourdiment, jeté eux-mêmes, lorsque dans la grisaille quotidienne du travail, ou sous la raillerie des soi-disant «amis» et «amies» ou encore à cause de mauvais livres et de mauvais exemples, ils ont farouchement enfoui le joyau, dont l’éclat, malgré tout, transperce par-ci par-là encore une fois et fait battre plus vite, l’espace d’un instant, leur cœur insatisfait, dans l’inexplicable frisson d’une tristesse et d’une nostalgie énigmatiques.

Et même si ces intuitions sont constamment, de nouveau, refoulées, et en une amère autodérision, sont raillées, alors elles témoignent cependant de l’existence de ce trésor et par bonheur, ils sont peu nombreux, ceux qui peuvent affirmer n’avoir jamais eu de telles intuitions. De tels individus sont seulement à plaindre; car ils n’ont jamais vécu.

Mais même de tels corrompus, ou disons plutôt, ces êtres dignes de pitié, éprouvent alors une vive nostalgie, lorsqu’il leur est donné l’occasion de rencontrer un être humain qui utilise cette force d’élan en une juste disposition, dans la bonne voie, dans la direction convenable et qui, de ce fait, devenant pur, se dresse déjà sur la Terre dans la beauté intérieure. La répercussion d’une telle nostalgie chez de tels êtres humains est cependant, dans la plupart des cas, d’abord la reconnaissance inconsciente de leur propre bassesse et de leur négligence, qui alors se transforme en haine pouvant même s’accroître jusqu’à une rage aveugle. Il n’est pas rare qu’un être humain d’une remarquable et exceptionnelle grandeur d’âme attire sur lui la haine de masses entières, sans avoir lui-même, réellement, donné un motif extérieurement reconnaissable pour cela. De telles masses ne savent alors rien faire d’autre que hurler: «Crucifiez, crucifiez-le!» Telle est la raison de la longue liste de martyrs que l’histoire de l’humanité a à décompter.

La cause en est la douleur sauvage de voir quelque chose de précieux chez d’autres, quelque chose qui, pour eux-mêmes, s’est perdu. Une douleur qu’ils ne reconnaissent que comme de la haine. Chez des êtres humains avec plus de chaleur intérieure, mais qui, uniquement par de mauvais exemples furent poussés vers le bas et entraînés dans la saleté, se déclenche, lors de la rencontre avec un être humain d’une grande élévation intérieure, la nostalgie de quelque chose qu’ils n’ont jamais atteint par eux-mêmes et qui se manifeste souvent en un amour et une vénération sans limites. Où qu’un tel être humain puisse aller, il n’existe autour de lui que le pour ou le contre. L’indifférence ne peut pas se maintenir.

Le charme mystérieux irradiant d’une jeune fille non corrompue ou d’un jeune homme non corrompu n’est rien d’autre que ce pur élan de la force sexuelle s’éveillant, ressenti par leur entourage du fait des fortes vibrations jointes à la force de l’esprit qui attire vers le plus haut, le plus noble. Avec sollicitude, le Créateur a pris soin que cela tombe, chez l’être humain, à un âge où celui-ci peut être pleinement conscient de son vouloir et de son comportement. Alors, le moment est là où en liaison avec la pleine force reposant maintenant en lui, il peut se débarrasser de tout son passé et devrait s’en débarrasser. Il tomberait de lui-même, si l’être humain conservait son vouloir tendu vers le bien, dans lequel il est sans cesse entraîné à cette époque. Alors, il pourrait, ainsi que ses intuitions le lui indiquent tout à fait justement, sans peine, s’élever jusqu’au degré qui lui appartient en sa qualité d’être humain. Voyez la manière d’être rêveuse de la jeunesse non corrompue! Ce n’est rien d’autre que le ressenti de la force ascensionnelle, le désir de s’arracher à toute souillure, l’ardente nostalgie vers l’idéal. Cependant, cette stimulante inquiétude est le signe qu’il ne faut pas gaspiller le temps, mais se débarrasser énergiquement du karma et commencer l’ascension spirituelle de l’esprit.

C’est le pourquoi de la grande importance de ce grand tournant qu’est la Terre pour l’être humain!

C’est quelque chose de magnifique que de se tenir dans cette force intégrale et d’agir en elle et avec elle. Et ceci, aussi longtemps que la direction que l’être humain a choisie est bonne. Mais il n’y a rien de plus pitoyable que de gaspiller unilatéralement cette force dans l’ivresse aveugle des sens et de paralyser ainsi son esprit, de lui prendre une grande partie de l’élan dont il a si pressamment besoin pour arriver en haut.

Et pourtant, l’être humain gaspille dans la plupart des cas cette si précieuse époque de transition, il se laisse diriger par un entourage «sachant» sur de faux chemins qui le retiennent, et hélas, trop souvent même, le conduisent vers le bas. De ce fait, il n’est pas capable de rejeter les vibrations troubles accrochées à lui, lesquelles, au contraire, reçoivent seulement un nouvel apport de force, et c’est ainsi que sa libre volonté est de plus en plus entortillée, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus la connaître.

C’est ainsi lors de la première incarnation sur la Terre. Lors des indispensables incarnations ultérieures, l’être humain apporte un karma beaucoup plus fort. La possibilité de s’en débarrasser se met de nouveau en place, cependant à chaque fois, et aucun karma ne pourrait être plus fort que l’esprit de l’être humain arrivé à sa force complète, aussitôt que celui-ci établit par la force sexuelle, la liaison sans lacune avec la matière, dont le karma, en effet, fait partie.

Cependant, l’être humain a-t-il gaspillé ces époques où il pouvait se dépouiller de son karma et recouvrer sa libre volonté, s’est-il empêtré davantage, a-t-il peut-être même sombré encore plus profondément; alors continue de s’offrir à lui, malgré cela, un puissant allié dans le combat contre le karma et pour l’ascension. C’est le plus grand vainqueur qui soit, lequel est capable de tout surmonter. La Sagesse du Créateur a apporté dans la matière avec elle, le fait que les époques indiquées ne sont pas les seules en lesquelles l’être humain puisse trouver une aide rapide en laquelle il soit capable de se trouver lui-même ainsi que de découvrir sa véritable valeur et reçoive même pour cela, une impulsion extraordinairement forte, afin qu’il y devienne attentif.

Cette puissance enchanteresse qui repose en chaque être humain au cours de son existence terrestre entière ainsi qu’un secours efficace toujours mis à sa disposition, mais qui procède, elle aussi, de cette même liaison de la force sexuelle avec la force de l’esprit et qui peut provoquer le refoulement du karma; c’est l’amour. Non pas l’amour avide de la matière dense, mais l’amour élevé et pur qui ne connaît et ne veut rien d’autre que le bien de l’être humain aimé et qui ne pense jamais à lui-même. Lui aussi appartient à la création matérielle et n’exige pourtant aucun renoncement, aucune pénitence, mais il ne veut toujours que le meilleur pour l’autre, craint pour lui, souffre avec lui, mais partage avec lui aussi les joies.

La base de cet amour est la même nostalgie d'un idéal intuitif que celle de la jeunesse non corrompue lors de l'entrée de la force sexuelle. Mais l'amour fouette aussi celui qui est conscient de sa responsabilité, c'est-à-dire l'être humain mûr, et le fait aller jusqu'à l'héroïsme, si bien que ses forces créatrices et combatives se trouvent tendues à l'extrême. Ici, pour ce qui est de l'âge, aucune limite n'est posée. Aussitôt qu’un être humain fait place au pur amour, que ce soit, maintenant, celui de l’homme pour la femme, ou inversement, de l’amour pour un ami ou pour une amie, pour les parents ou pour l’enfant, peu importe, est-il seulement pur, alors il apporte, en tant que premier don, l’occasion de refouler tout karma, lequel se déclenche alors seulement encore de façon purement symbolique*(Voir l'Exposé 37, La symbolique dans la destinée humaine) pour l’épanouissement d’une volonté libre et consciente uniquement dirigée vers le haut. En tant que conséquence naturelle, commence alors l’ascension, la libération des chaînes indignes qui le retiennent en bas.

La première intuition qui se manifeste lors de l’éveil d’un amour pur est le sentiment d’indignité vis-à-vis de l’autre, aimé. Avec d’autres mots, l’on peut désigner ce processus par l’entrée en action de la modestie et de l’humilité, donc la réception de deux grandes vertus. Alors s’ajoute à cela le puissant désir de vouloir étendre sa main protectrice, au-dessus de la personne aimée, afin qu’aucune peine ne lui arrive d’aucun côté et même que son chemin la conduise uniquement à travers des sentiers fleuris et ensoleillés. Le «porter dans ses bras» n’est pas une vaine maxime, mais caractérise exactement l’intuition naissante. Là réside, toutefois, un abandon de sa personnalité propre, un grand vouloir-servir qui à lui seul, pourrait suffire à rejeter, en peu de temps, tout karma, à la condition que ce vouloir persiste et ne cède pas la place à des impulsions purement sensuelles. Enfin, par l’amour pur, arrive aussi l’ardent désir de pouvoir faire de très grandes et nobles actions pour l’autre être aimé, de ne le blesser ou de l’offenser par aucune expression déplacée, aucune pensée, aucune parole, et encore moins par une vilaine action. Ainsi naissent les égards les plus délicats.

Il s’agit alors de maintenir ces intuitions pures et de les placer au-dessus de tout le reste. Jamais personne ne voudra ni ne fera quoi que ce soit de mauvais dans cet état. Il ne le pourrait tout simplement pas, mais il trouve, au contraire dans ces intuitions la meilleure protection, la plus grande force, le conseil et l’aide les mieux intentionnés.

C’est pourquoi aussi le Christ revient toujours sur la Toute-Puissance de l’amour! Lui seul, surmonte tout, peut tout. Mais il est toujours entendu qu’il ne s’agit pas là de l’amour égoïste purement terrestre qui porte en lui la jalousie et tous les vices qui s’y rattachent.

Le Créateur dans sa Sagesse jette ainsi à chaque être humain au cours de sa vie terrestre, une corde de sauvetage qui le touche plus d’une fois au cours de sa vie, afin qu’il s’y tienne et s’élance vers le haut.

Cette aide est là pour tous. Elle ne fait aucune différence, ni dans l’âge ni dans le sexe, ni chez le pauvre ni chez le riche, pas plus qu’entre petit ou grand de ce monde. C’est aussi pourquoi l’amour est le plus grand cadeau de Dieu! Celui qui le saisit est assuré de son sauvetage hors de toute détresse et de tout abîme! Il se rend libre et obtient ainsi, le plus rapidement et le plus facilement, une libre volonté de nouveau inaltérée qui le conduira vers le haut.

Et même s’il se trouvait dans un gouffre qui doive le conduire au désespoir, l’amour serait capable de l’arracher de là vers la Lumière avec la violence de la tempête, vers Dieu, qui Lui-même, est l’Amour. Aussitôt que dans un être humain l’amour pur s’éveille par suite d’un choc quelconque, il reçoit alors la liaison la plus directe avec Dieu, la Source Originelle de tout Amour, et ainsi aussi, l’aide la plus forte. Si, toutefois, un être humain possède tout, mais n’a pas l’amour, alors il n’est qu’un airain sonore, un grelot qui tinte, sans chaleur, sans vie... rien!

Trouve-t-il cependant, pour un quelconque de ses proches le véritable amour, qui n’aspire qu’à apporter à l’être aimé lumière et joie, à ne pas le rabaisser par une convoitise insensée, mais au contraire, à l’élever en le protégeant, alors il le sert, sans être conscient de ce véritable service, puisque de ce fait il devient davantage un donateur et un bienfaiteur désintéressé. Et ce service le rend libre!

Beaucoup ici, se diront: «C’est exactement ce que je fais, oui, ou du moins j’y aspire! Par tous les moyens possibles, je cherche à rendre à ma femme ou à ma famille la vie terrestre facile, à leur offrir des jouissances; je m’efforce de leur procurer tous les moyens, grâce auxquels ils peuvent mener une vie commode, agréable, pouvant vivre sans soucis.» Des milliers se frapperont la poitrine, se sentiront élevés et s’estimeront, qui sait, comme bons et nobles. Ils se trompent! Ceci n’est pas l’Amour Vivant! Celui-ci n’est pas si exclusivement terrestre, car il tend beaucoup plus vers quelque chose de plus haut, de plus noble, vers l’idéal. Certes, personne ne peut impunément, donc sans préjudice, oublier les nécessités terrestres, personne ne doit les laisser hors de son attention, mais celles-ci ne doivent pas devenir l’unique préoccupation de la pensée et de l’activité. Bien au-dessus, plane le grand et puissant désir, si mystérieux pour beaucoup, de pouvoir réellement être à leurs propres yeux ce qu’ils valent devant les yeux de ceux dont ils sont aimés. Et ce désir est le bon chemin! Il conduit toujours uniquement vers le haut.

L’amour vrai, pur, n’a pas besoin d’être expliqué davantage. Chaque être humain sent tout à fait exactement de quoi il est fait. Il ne cherche, souvent, qu’à s’illusionner lui-même à ce sujet, lorsqu’il voit ses fautes en ce domaine et ressent clairement, à quel point il est encore loin d’aimer vraiment, purement. Mais il doit alors rassembler ses forces, il ne peut pas s’arrêter, hésitant, pour arriver finalement à la faillite; car il n’y a, pour lui, aucune libre volonté sans amour véritable.

Que d’occasions sont ainsi offertes aux êtres humains de se ressaisir et de s’élancer vers le haut, sans qu’ils les mettent à profit! Pour la plupart, leurs plaintes et leurs recherches ne sont donc pas authentiques. Ils ne veulent pas du tout, aussitôt qu’ils doivent contribuer eux-mêmes, en quoi que ce soit, ne serait-ce seulement que par une petite transformation de leurs habitudes et de leurs conceptions. Pour la plus grande part, ce n’est que mensonge et auto-illusion. Dieu doit venir à eux et les hisser à Lui, sans qu’ils aient besoin d’abandonner la chère commodité et leur adoration d’eux-mêmes. Alors, en ce cas, ils consentiraient à aller avec Lui, mais non sans encore attendre un merci spécial de Dieu.

Laissez ces faux bourdons poursuivre leur chemin vers la perdition. Ils ne sont pas dignes que quelqu’un se donne de la peine pour eux. Ils passeront, toujours à nouveau, à côté des occasions qui s’offrent à eux, en se plaignant et suppliant. Si un tel être humain devait cependant, une fois les saisir, alors il lui déroberait assurément, sa plus noble parure faite de pureté et d’abnégation et jetterait ce bien le plus précieux dans la fange des passions.

Les chercheurs de Vérité et ceux qui possèdent le Savoir doivent enfin se ressaisir pour faire un détour autour de ces êtres humains! Ils ne doivent pas penser qu’ils font ainsi œuvre agréable à Dieu lorsqu’ils colportent à bas prix sa Parole et sa Volonté Sainte en tous lieux et qu’ils les offrent, par des tentatives d’enseignements, au point que cela éveille presque l’impression que le Créateur devrait aller mendier, par l’intermédiaire de ses croyants, pour agrandir le cercle de ses adhérents. C’est une souillure si elle est offerte à ceux qui, avec des mains sales, veulent la saisir. La Parole qui interdit de «jeter des perles aux pourceaux» ne doit pas être oubliée.

Et ce n’est rien d’autre en ce cas. C’est un inutile gaspillage de temps, lequel, en une telle mesure, ne peut plus être gaspillé plus longtemps, sans amener en fin de compte des répercussions funestes. Les chercheurs seuls doivent être aidés.

L’inquiétude surgissant, partout, chez beaucoup d’êtres humains, l’investigation, la recherche de ce qui reste de la libre volonté, sont parfaitement justifiées et sont un signe que le temps presse. Il se trouve renforcé par le pressentiment inconscient qu’il pourrait un jour être trop tard. Cela tient la recherche continuellement vivante. C’est pourtant pour la plus grande part, en vain. La plupart des êtres humains d’aujourd’hui ne sont plus capables d’activer leur libre volonté, parce qu’ils se sont trop profondément empêtrés!

Ils l’ont vendue et s’en sont débarrassée... pour rien!

Mais ils ne peuvent pas rendre Dieu responsable de cela comme ils essaient tant de fois par toutes les interprétations possibles, de repousser la pensée de leur propre responsabilité qu’ils devront assumer, mais ils doivent, au contraire, s’accuser eux-mêmes. Et même si cette auto-accusation était pénétrée de la plus âpre amertume et de la douleur la plus aiguë, elle ne pourrait pourtant pas être assez violente, pour offrir ne serait-ce que dans une certaine mesure, un contrepoids à la valeur du bien perdu qui fut étourdiment réprimé ou gaspillé.

Mais, malgré cela, l’être humain peut encore trouver le chemin pour regagner ce trésor aussitôt qu’il s’y efforce sérieusement. Toutefois, seulement à condition qu’il le désire du plus profond de lui-même et que ce désir vive réellement en lui et ne se lasse jamais. Il doit y apporter le plus ardent souhait. Et devrait-il y consacrer sa vie terrestre entière, il ne pourrait qu’y gagner; car le recouvrement de la libre volonté est bien assez sérieux et nécessaire pour l’être humain. Nous pouvons, à la place de recouvrement, dire exhumation ou nettoyage. Tout cela revient au même.

Mais aussi longtemps que l’être humain ne fait qu’y penser, ruminer à ce sujet, il n’aboutira à rien. Le plus grand effort et la plus grande persévérance doivent échouer, parce qu’avec sa pensée et sa rumination, il ne peut jamais dépasser la limite de l’espace et du temps, donc arriver là où se trouve la solution. Et puisque la pensée et la rumination, en cette époque, sont considérées comme le principal chemin de toute recherche, alors il n’existe aucune perspective qu’un progrès, en dehors des choses purement terrestres, puisse être attendu. À moins que, à cet égard, les êtres humains ne se transforment en cela de fond en comble.

Utilisez le temps de l’existence terrestre! Pensez au grand tournant, qui, constamment, apporte avec lui la pleine responsabilité!

Un enfant est, pour cette raison, spirituellement encore mineur, car chez lui, la liaison entre le spirituel et le matériel n’est pas encore établie par la force sexuelle. Dès le début de l’action de cette force, ses intuitions atteignent cette intensité qui leur permet de pénétrer la création matérielle en exerçant sur elle une action décisive, transformatrice, rénovatrice. C’est alors que l’enfant endosse auto-activement une pleine et entière responsabilité. Auparavant, la fonction de réciprocité n’est pas aussi forte, parce que la faculté d’intuition agit beaucoup plus faiblement. Ainsi, lors de la première incarnation sur Terre, un karma ne peut donc pas être aussi puissant, mais tout au plus entrer en ligne de compte à la naissance et notamment en déterminant les conditions dans lesquelles cette naissance a lieu, pour que ces conditions puissent aider l’esprit, pendant sa vie terrestre, à s’affranchir de son karma, par la reconnaissance de ses propres qualités. Les points d’attraction des genres semblables jouent ici un grand rôle. Mais uniquement dans un sens affaibli. Le karma véritable plein de force et décisif se met en place dès que, dans l’être humain, la force sexuelle se lie avec sa force spirituelle; c’est par là que non seulement celui-ci aura toute sa valeur dans la matière, mais qu’il pourra aussi, sous tous les rapports, lui être de beaucoup supérieur s’il se met dans un état d’âme correspondant.

Jusque là, les ténèbres, le mal, ne peuvent pas s’approcher directement de l’être humain. Un enfant est protégé par le fossé qui le sépare de la matière. Le pont manque.

C’est pourquoi, maintenant, à de nombreux auditeurs, il deviendra aussi plus compréhensible pourquoi les enfants, en face du mal, jouissent d’une bien plus grande protection, ce qui est proverbial. Mais, sur le même chemin que forme le pont établi par la force sexuelle débutante, l’être humain, dans sa pleine force, peut s’avancer en combattant mais il peut aussi être l’objet d’attaques d’éléments étrangers s’il n’est pas suffisamment attentif. Mais cela ne peut, en aucun cas, se produire avant qu’il ne possède aussi la force de défense indispensable. Une inégalité, qui puisse valoir comme excuse, n’existe à aucun moment.

De ce fait, la responsabilité des parents s’accroît jusqu’au gigantesque! Malheur à ceux qui, à leurs propres enfants, dérobent l’occasion pour l’effacement de leur karma et pour l’ascension, par une raillerie inappropriée ou par une fausse éducation, si ce n’est même par de mauvais exemples, auxquels appartient aussi tout arrivisme dans les domaines les plus divers. Les tentations de la vie terrestre sont déjà assez fortes et variées. Et puisqu’on n’explique pas aux êtres humains grandissants, leur véritable pouvoir, ils n’utilisent pas du tout leur force ou ne l’emploient qu’insuffisamment, ou alors ils la gaspillent de la manière la plus irresponsable, s’ils n’en font pas même une utilisation inopportune et mauvaise.

Ainsi se met, en effet, en place le karma devenu inévitable par suite de l’ignorance de l’être humain, avec une vigueur toujours plus grande; il projette ses radiations pleines d’influences, par l’intermédiaire d’un penchant quelconque influençant ceci ou cela, et restreint ainsi la véritable libre volonté lors de décisions, de sorte que celle-ci perd sa liberté. Il en est aussi résulté que, de nos jours, la majeure partie de l’humanité ne peut plus mettre en œuvre aucune libre volonté. Elle s’est liée, enchaînée, asservie par sa propre faute. Combien puérils et indignes, les êtres humains ne se montrent-ils pas, lorsqu’ils essaient de refuser l’idée d’une responsabilité absolue et préfèrent faire au Créateur le reproche d’injustice! Combien ridicule, résonne l’allégation qu’ils n’ont, en effet, jamais eu aucune libre volonté personnelle, mais ont, au contraire, toujours été conduits, poussés, rabotés et modelés, sans pouvoir faire quelque chose pour s’y opposer!

S’ils voulaient se rendre un instant conscient du rôle lamentable qu’ils jouent véritablement en agissant ainsi. Si, avant toutes choses, ils voulaient enfin, une bonne fois, se regarder de façon réellement critique, en considération de la situation de puissance qui leur a été accordée, afin de reconnaître de façon combien insensée ils l’éparpillent stupidement en futilités et en nullités éphémères, à quel point ils élèvent des bagatelles à une importance méprisable, combien ils se sentent grands en des choses en lesquelles ils doivent, pourtant, apparaître comme bien petits, en comparaison de leur véritable destination, en tant qu’êtres humains dans la Création. L’être humain d’aujourd’hui est semblable à un homme auquel un royaume est donné et qui préfère gaspiller son temps avec les jouets d’enfants les plus simples.

Il n’est que trop évident, et il n’y a rien d’autre à attendre, que les puissantes forces qui sont confiées à l’être humain, doivent l’anéantir, s’il ne comprend pas comment il doit les diriger.

Il est grand temps de s’éveiller enfin! L’être humain devrait pleinement utiliser le temps et la grâce qui lui sont accordés par chaque vie terrestre. Il ne pressent pas encore combien cela est pressamment nécessaire. À l’instant même où il rend de nouveau libre sa volonté présentement encore asservie, tout ce qui, présentement semble souvent être contre lui, le sert. Même les radiations des astres, redoutées par tant d’êtres humains, ne sont là que pour le servir et l’aider. Peu importe de quel genre elles sont.

Et chacun le peut, même si le karma est encore si lourdement accroché à lui, même si les radiations des astres semblent être, de façon prépondérante, défavorables. De façon défavorable, tout cela ne se répercute que lors d’une volonté asservie. Mais, même là, seulement en apparence; car en réalité, ce n’est qu’en vue de son salut, au cas où il ne saurait plus comment s’aider lui-même. Il est, de ce fait, contraint à la défense, au réveil et à être sur ses gardes.

La peur devant les radiations des astres n’est pourtant pas appropriée, parce que les manifestations accompagnatrices, se répercutant de ce fait, sont toujours uniquement les fils du karma qui court, pour l’être humain concerné. Les radiations des astres forment uniquement les canaux dans lesquels tout le karma, à ce moment-là en suspens, est attiré autour d’un être humain, pour autant qu’il s’accorde, en son genre, avec les radiations respectives de genre semblable. Si donc les radiations des astres sont défavorables, alors il ne s’insérera dans ces canaux que le karma défavorable en suspens pour un être humain, qui s’accorde exactement au genre des rayonnements, rien d’autre. De même pour les rayonnements favorables. Ainsi conduit de façon concentrée, le karma peut toujours se répercuter de façon plus sensible pour l’être humain. Mais là où aucun mauvais karma n’est en souffrance, les radiations des astres défavorables ne peuvent pas, non plus, agir de mauvaise façon. L’un n’est pas à séparer de l’autre. De nouveau, le grand Amour du Créateur peut être reconnu ici aussi. Les astres contrôlent ou dirigent les répercussions du karma. En conséquence, un mauvais karma ne peut se répercuter sans interruption, mais doit, au contraire, laisser à l’être humain, dans l’intervalle, le temps de reprendre son souffle, parce que les astres rayonnent alternativement et qu’un mauvais karma ne peut pas se répercuter aux époques d’irradiations favorables. Il doit alors s’interrompre et attendre jusqu’à ce que, de nouveau, des radiations défavorables interviennent, donc le karma ne peut pas si facilement accabler complètement un être humain. Si, à côté d’un mauvais karma d’un être humain, il n’y a pas, non plus, de bon karma qui se répercute lors des radiations favorables des astres, alors grâce à ces radiations favorables, il est au moins obtenu que la souffrance se trouve interrompue.

Là aussi, les roues des événements s’engrènent. Selon une logique rigoureuse, une chose en entraîne une autre et veille simultanément à ce qu’aucune irrégularité ne puisse se produire. Et cela continue ainsi comme dans un gigantesque mécanisme. De tous les côtés, les dents des rouages s’engrènent les unes dans les autres avec une extrême précision; elles font progresser l’ensemble et le poussent à l’évolution.

Au milieu du tout, cependant, se tient l’être humain, avec l’incommensurable puissance qui lui a été confiée de donner, par son vouloir, la direction à ces rouages puissants. Toutefois, toujours uniquement pour lui-même! Cela peut le conduire vers le haut ou vers le bas. L’état d’âme détermine la fin.

Pourtant, les rouages de la Création ne sont pas faits de matériau rigide, au contraire, tout y est formes et êtres vivants qui travaillent en coopérant, en produisant ainsi une impression d’autant plus puissante. Le merveilleux tissage sert, cependant, exclusivement à aider l’être humain, à le servir, aussi longtemps qu’il ne jette pas en travers la puissance qui lui a été confiée, en un gaspillage puéril et une fausse utilisation. Il doit enfin s’insérer autrement, afin de devenir ce qu’il doit être. Obéir ne signifie, en réalité, rien d’autre que comprendre! Servir, c’est aider. Mais aider signifie régner. En peu de temps, chacun peut ainsi rendre son vouloir libre, comme il doit être. Et ainsi, pour lui, tout change d’orientation puisqu’il s’est d’abord intérieurement lui-même orienté autrement.

Mais pour des milliers, des centaines de milliers, oui, pour des millions d’êtres humains, il sera trop tard, parce qu’ils ne l’ont pas voulu autrement. Il n’est, certes, que trop naturel que la force faussement utilisée détruise la machine à laquelle cette force pourrait profiter pour exécuter un travail riche de bénédiction.

Et une fois l’effondrement accompli, tous les hésitants se souviendront soudain, de nouveau, de la prière, mais ils ne pourront plus trouver la juste manière qui, seule, pourrait leur apporter de l’aide. Reconnaissent-ils ensuite leur faillite; alors, dans leur désespoir, ils en viendront vite au blasphème et affirmeront, accusateurs, qu’il ne peut y avoir de Dieu s’ils admettent pareille chose. Ils ne veulent pas croire à une Justice d’airain, pas plus à la force qui leur fut donnée de tout changer en temps utile et non plus, qu’on leur a assez souvent répété.

Mais ils exigent, pour eux, avec une bravade puérile, un Dieu aimant selon leur sens et qui pardonne tout. C’est seulement en cela qu’ils veulent bien reconnaître sa Grandeur! Selon leurs conceptions, comment ce Dieu devrait-Il donc alors agir à l’égard de ceux qui L’ont toujours cherché sérieusement et qui, précisément en raison de cette recherche, furent piétinés, raillés et persécutés par ceux qui attendent le pardon?

Fous qui, dans leur aveuglement et leur surdité toujours volontairement renouvelés, courent à la ruine, qui créent eux-mêmes, avec zèle, leur propre ruine. Puissent-ils demeurer abandonnés aux ténèbres auxquelles ils aspirent avec obstination, persuadés de leur vouloir tout-mieux-savoir. Ce n’est que par leur propre expérience vécue qu’ils peuvent encore parvenir à la réflexion. C’est aussi pourquoi les ténèbres seront leur meilleure école. Cependant, le jour et l’heure approchent où, même pour s’engager dans cette voie, il sera trop tard, parce qu’il ne restera pas assez de temps, ayant reconnu la Vérité par les épreuves vécues, pour s’arracher encore des ténèbres et évoluer. C’est pourquoi il est grand temps de s’occuper enfin sérieusement de la Vérité.

Message du Graal de Abdrushin


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